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Réalisation : Harold Ramis
Scénario : Peter Tolan & Ken Lonergan
Acteurs : Robert De Niro, Billy Crystal, Lisa Kudrow, Chazz Palminteri...
 

 

Site Officiel (Anglais)

Avec une mention "C'est nul ça" pour le site officiel de Warner Bros France qui n'a pas de site pour Mafia Blues et qui n'a pas été updaté depuis la sortie de Recto Verso (et même dans les sites de films depuis la sortie de Jugé Coupable !)

 

 

"Je suis analyste pour les familles, mais pas ce type de familles !"
 

 

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"On me dit souvent non, mais quand me le dit c'est plutôt : Non pitié, non pas ça... beuheuheu (pleurs mimés)"

Mafia Blues

Après un attentat qui aurait pu lui coûter la vie, un parrain de la Mafia se met à avoir des crises d'angoisse, à pleurer sans raison. Ne voulant pas que cela se remarque, il décide d'engager les services d'un psychiatre.

La  Critique de Gil

J'avais peur de ce film : d'abord parce que je vénère Vitto (Corleone), enfin Vitti (dans ce film), Paul Vitti, ce mafioso qui n'a peur de rien, qui sait qu'il sera le parrain de toutes les familles, qu'il gagnera qu'on ne peut pas l'attaquer. Hors justement le principe de ce film, c'est qu'on l'attaque et qu'il craque. Aussi parce que j'aime l'humour de Billy Crystal, qui pour ne pas être une star au titre d'un De Niro, n'en est pas moins une personnalité impressionnante. Alors que ces deux univers se croisent, cela ne pouvait être qu'une catastrophe ou une réussite. Et c'est une réussite parce que loin d'en faire une caricature à la Nielsen, qui marche bien avec Leslie mais certainement pas avec Robert, le point de vue du film est de faire un film de gangster avec les phases successives mais de les tourner humoristiquement. Les clins d'oeil (rendez vous dans les restaurants, gros gardes du corps, usines désaffectées...) sont nombreux et font paires avec les clins d'oeil à l'analyse psy qui sont le territoire de Crystal. Au lieu de confronter chacun des acteurs, l'un est l'invité de l'autre dans chaque scène, et c'est un rythme très agréable qui concilie l'univers des deux acteurs et permet au spectateur de ne pas se sentir la victime d'une sale farce.

Les seconds rôles sont aussi mis en valeur dans cet espace, car ils n'apparaissent que dans un seul des deux univers, permettant de n'être pas écrasé par une affiche déjà très lourde. Lisa Kudrow sort un peu de son ordinaire Friendien. Apparition remarquée de Chazz Palminteri qui sera toujours pour tous les spectateurs du monde celui qui cherche à trahir, à devenir le parrain à la place du parrain !

La Critique de Garfield (Mail)

A vrai dire, et en citant Gil, j'avais moi aussi très peur en allant voir ce film. Ma dernière expérience avec Robert de Niro s'était soldée par une catastrophe (Ronin, un film à prendre avec des pincettes), alors
forcément, y'avait comme une brume d'appréhension qui flottait dans l'air...

Techniquement, les ingrédients usuels du film de mafiosi se retrouvent dans les premiers plans du film : la famille, l'accent à coucher dehors, fusillades diverses et morts violentes au ralenti, prises de vue lentes, visages en gros plans... Et De Niro est parfaitement à l'aise dans le milieu, on dirait Al Pacino, c'est terrible. Et d'un seul coup, la comédie commence.

Le titre original, "Analyse this", augure d'une situation tragicomique : Paul Vitti, le parrain des parrains, qui se retrouve soudain incapable de faire son "métier", pris de bouffées d'angoisses. Figé, paralysé,
incapable d'appuyer sur la détente, ou même de coller une simple baffe. Seule solution : consulter un psy, croisé par hasard. Là où ça se complique, c'est qu'aller voir un psy vous colle l'étiquette "frapadingue" sur le front, et que ça n'est définitivement pas aussi radical qu'une aspirine contre le mal de tête.

Sur un prétexte loufoque mais intéressant, Harold Ramis (Ghostbusters, entre autres) montre le choc des personnalités psy et mafieux, l'un obligé de garder son calme face à des patients qu'il a envie d'engueuler, et l'autre soudain incapable d'assumer sa position, forcé de cacher son mal. Le tout, sur fond de mariage, et de rivalité pour dominer les clans. Entre le bouquet et les flingues, quoi. Ce ressort
est classique dans les comédies récentes, et fonctionne très bien en l'occurrence... même si on oublie un peu vite que le clown de service porte un Beretta. Un point noir : la thérapie en soi démarre trop lentement puis s'achève trop vite, et le soudain revirement de personnalité de Vitti est trop prévisible, trop peu vraisemblable...

Heureusement, en lieu et place des traditionnels flashbacks des films de psy habituels, où on "revient-40-ans-en-arrière-et-on-comprend-tout", on reste au dialogue entre les protagonistes, ce qui (à mon avis) se fait trop rare et marche aussi bien.

On pourra reprocher aux personnages du film d'être trop caricaturaux, mais c'est assez vite oublié car le scénario est efficace et compte très peu de temps morts. L'histoire est délirante, mais on s'y laisse prendre très facilement... sauf lors de la réunion finale, où franchement le psy en fait trop. Même moi j'avais envie de le flinguer !

Personnellement, je dirais donc que Ramis a plus de talent pour démarrer les comédies que pour les finir. Mais il reste que "Mafia Blues" est un film marrant, agréable à regarder, et que même si on n'est pas pliés de rire tout le temps (c'est pas les Tontons Flingueurs, quand même), il laisse une très bonne impression.

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